Histoire d’une noblesse lithuanienne
ARCHIVIO VATICANO
 
Monumenta Polonia et Lithuania
 
1410-1572
 
 
CLEMENTIS VII . ANNO VI . CHRISTI 1529
 
(sixième année de Clément VII - An du Christ 1529)
 
L' officier du palais de Vilnius est créé duc par le Pontife et sa place forte de Murata est érigée en duché pour lui-même et ses descendants.
 
 
A Albert Gastold, Palatin de Vilnius, fils aimé, gentilhomme et seigneur de la cité de Gyeranomi du diocèse de Vilnius en Morata.
 
 
CLEMENT VII, Pape. Cher fils, Salut...
 
Nous reconnaissons qu'il est évident, par la constance connue de ton dévouement et l'éminente intégrité de ta foi, desquels dons le Très Haut dispensateur de ces multiples vertus t'a doté, autant qu'envers Nous-Mêmes et l'Eglise Romaine, et les grands services rendus par toi en faveur du Siège Apostolique contre les Tartares et autres Schismatiques, par ta singulière honnêteté et les services que tu ne cesses continuellement de rendre d'un cœur infatigable; dirigeant le regard de Notre considération, Nous sommes poussés à juste titre à t'honorer toi et à cause de toi tes descendants, d'un titre et d'une faveur spéciale.
 
Espérant donc que tu deviendras un athlète d'autant plus fort pour soutenir l'Eglise et garder son honneur, et en faveur de la Foi du Christ contre ces même Tartares et Schismatiques que tu auras reconnu être doté, par ce même Siège, de faveurs plus grandes.
 
Poussés par la considération de ces faits et aussi par l'humble supplique en ta faveur de Notre très cher fils dans le Christ, Sigismond, illustre roi de Pologne, Nous créons et Nous constituons, toi qui es Chancelier du Grand Duché de Lithuanie et Palatin de Vilnius, et tes fils mâles, descendants légitimes et naturels, nés et à naître légitimement de ton corps, et les descendants mâles de ceux-là, Comtes de la ville de Gyeranojni, du diocèse de Vilnius, en Morata dont tu es seigneur et que Nous érigeons en Comtés, par l'Autorité Apostolique et par la teneur des présentes lettres, sans préjudice de qui que ce soit, et Nous vous honorons de ce titre de Comte, et Nous voulons et ordonnons à tous que toi-même et tes descendants soient appelés, soient considérés et estimés Comtes de ce Comté, ainsi érigés à perpétuité.
 
A tes armoiries déjà instituées à Abdanyrae et auxquelles tu es habitué depuis longtemps, Nous ajoutons, comme signe de ce Comté, un lion couronné portant un bouclier rond entre les pattes antérieures et postérieures étendues, sur ce même bouclier un homme armé portant un casque sur la tète et une cuirasse sur la poitrine, et tenant en main droite devant la tète un glaive tiré à travers un marrube, et la gauche devant la pointe du glaive; Nous attribuons et Nous concédons par autorité et par la teneur des susdites à toi-même à tes descendants  que vous puissiez user, posséder et jouir de tous et chacun des privilèges, honneurs, exemptions, dignités et immunités dont les autre Comtes créés par le Siège  susdit usent, possèdent et jouissent, nonobstant les statuts....etc.
 
Nous voulons d'autre part, que tu sois tenu à faire connaître d'ici à un an, les lettres ci-dessus scellées, sinon que les présentes lettres soient de nulle force ou importance.
 
 
 
 
 
                                                           Donné à Rome, le 18 Août 1529. An VI.
 
 
 
 
 
 
 
ARCHIVES IMPERIALES DE VIENNE
 
Extrait du Registre Impérial de l'Empereur Charles Quint
 
Année 1530
 
 
COMTE DE MURATIA
 
Charles,
 
A notre sincèrement aimé le Magnifique Albert Martinien de Gastol, Palatin de Vilnius, Chancelier du Grand Duché de Lithuanie Comte de Muratia de Gyeranojna, notre gracieux salut.
 
Entre autres raisons pour lesquelles sont dues aux vertus des personnages illustres les récompenses méritées, la plus importante est celle qui a égard à la dignité et aux honneurs.
 
Bien qu'en effet la seule vertu suffise d'elle-même et au-delà, pour ennoblir et illustrer un homme, elle semble pourtant avoir quelque chose de plus quand elle est approuvée par le Décret et le Jugement d'autres personnes et principalement de grands Princes.
 
Aussi, parce que - outre l'éclat de la naissance par laquelle dit-on, non seulement tu as imité mais illustré la splendeur de tes ancêtres descendants d'une antique lignée - tes actions d'éclat contre les ennemis de notre religion, Tartares et Schismatiques les dons innombrables de ton courage, ton expérience et ta connaissance des choses variées touchant principalement à l'art militaire et, en outre, tant d'autres ornements de ta fortune et de ta vertu et de ton singulier attachement de cœur et de fidélité à la République Chrétienne, à nous-mêmes, et à l'Empire Romain, nous sont révélés par des témoins illustres et dignes de foi.
 
Nous estimons convenable, en plaçant sur toi une récompense impériale, de laisser jusque chez des étrangers et en des nations lointaines, en signe de tes vertus et de notre clémence envers ceux qui ont bien mérité.
 
Donc, de notre propre mouvement, après en avoir délibéré, non par erreur et précipitation, mais de science certaine et de jugement sain, conseil étant pris des Princes, Comtes, Grands Nobles et autres amis fidèles et bien aimés de notre Saint Empire, toi, sus nommé, Albert Martinien, nous t'avons voulu marqué par cette grâce spéciale:
 
Ton domaine de Muratia de Gyeranojna, avec toutes ses appartenances et selon que tu en as la possession réelle, nous l'avons érigé et créé à nouveau en Comté de Muratia de Gyeranojna et Toi, Albert Martinien et Tous tes fils, héritiers et descendants à perpétuité, nous vous avons créés, faits, élevés Comtes de Muratia de Gyeranojna et par la teneur des présentes nous vous marquons par le titre de Comte, nous vous ennoblissons, créons, faisons, élevons et exaltons par notre autorité impériale, de telle sorte que tous les tiens, tous tes héritiers et descendants légitimes possédant le Comté de Muratia, à partir d'aujourd'hui et dans la perpétuité des temps, vous devrez étant inscrits sous le titre et le nom de Comtes de Muratia Gyeranojna, être nommé, tenus honorés et respecté par tous et chacun selon tout état et degré de dignité et de prééminence, et de telle sorte que tous ces honneurs, dignités, prérogatives, exemptions, prééminences, libertés, droits, privilèges, faveurs et indultes en justice et hors justice, dans les affaires spirituelles et temporelles, ecclésiastiques et profanes, ailleurs, partout et en tous lieux, vous deviez et puissiez en avoir le plaisir, profit et jouissance en pleine égalité, avec les autres Comtes, même de la plus antique et honorable lignée, qui en ont plaisir, profit et jouissance par tout l'Empire Romain et toute l'étendue des terres.
 
Pour mieux rendre établie devant tous notre faveur et bienveillance envers Toi et à Toi, sus nommé Comte de Muratia de Gyeranojna et à tous tes héritiers et descendants légitimes des deux sexes, nous avons estimé qu'il fallait donner et concéder en outre un "casque de Tournoi" légal:
 
Tu portes un homme armé du nombril jusqu'à la nuque, portant sur le casque une couronne d'or et dans les mains étendues au-dessus du casque un glaive en travers, que,  pour la décoration de tes armes, nous te donnons et concédons par notre autorité et la teneur des présentes pour toi et tes héritiers.
 
Mandant en outre à tous et chacun, Princes tant ecclésiastiques que Séculiers, Prélats, Ducs, Marquis, Comtes, Barons, Nobles, Militaires, Clercs, Capitaines, Vice-Seigneurs, Préfets, Castellans, Prorateurs, Officiaux, Questeurs civiques, Maîtres, Juges, Conseils, Héraults royaux, Citoyens et Communaux, enfin à tous nos sujets du Saint Empire Romain et à nos fidèles très aimés et à tous autre que la chose regarde, de quelque grade, état, ordre, dignité, prééminence et conditions soient - ils que toi, sus nommé Albert Martinien, tes fils légitimes, tous leurs héritiers et descendants, sans fin et à perpétuité, ils vous nomment, respectent, honorent Comtes de Muratia de Gyeranojna et vous assurent libre plaisir, profit et jouissance des dits privilèges, droits, honneurs, dignités, libertés, armes insignes, prééminence, exemptions, prérogatives, faveurs et indultes, en tous lieux et tous pays et que, en aucune manière, n'y mettent empêchement ou trouble pour autant qu'ils tiennent notre faveur et préférant éviter, pour toute contravention, outre notre colère, une très lourde amende de cinquante marcs d'or pur, par moitié à notre Fisc ou Trésor Impérial, le reste devant être appliqué sans rémission à l'usage de celui ou de ceux qui auront subi l'injure de celle-ci.
 
 
 
 
 
                                            Par l'apposition de notre sceau impérial, donné à
 
                                            BONONIA le 10 Janvier 1530, onzième année de
 
                                            Notre Règne Romain, le quatorzième de nos autres        
 
                                            Règnes.